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Parlement

Jeudi 22 janvier 2009 4 22 /01 /2009 00:45
Des députés de gauche qui chantent La Marseillaise dans l'Assemblée nationale avant de quitter l'hémicycle, claquant la porte au nez du gouvernement et de sa majorité : le débat explosif sur la réforme du Parlement a tourné mardi soir à la crise politique. L'obtention par la majorité d'un vote de clôture anticipé sur l'article 13 - celui qui prévoit que "les amendements déposés par les membres du Parlement peuvent être mis aux voix sans discussion" a mis hors d'eux les parlementaires de l'opposition, qui n'ont pu défendre tous leurs amendements. Le député UMP villepiniste Jean-Pierre Grand ne mâche pas ses mots pour dénoncer au point.fr le passage en force de son camp sur ce texte.

lepoint.fr : Fallait-il verrouiller la discussion sur l'article 13 ?
Jean-Pierre Grand : S'il y avait dans ce projet de loi un article où il fallait laisser le débat aller à son terme, c'est bien l'article 13. Vraiment, verrouiller le débat sur cet article qui stipule que les amendements pourront ne plus être discutés en séance plénière à l'Assemblée nationale, je trouve que c'est le pire moment pour le faire. On peut être favorable ou défavorable, mais dans tous les cas, il faut pouvoir s'exprimer. Or le président de l'Assemblée nationale, visiblement sur ordre, a coupé court au débat. C'est ahurissant, c'est totalement contraire aux bases de la démocratie.

lepoint.fr : La majorité est-elle allée trop loin ?
Jean-Pierre Grand : C'est un acte d'autoritarisme totalement contraire à l'esprit de nos institutions. Chaque député doit pouvoir s'exprimer. Pour discuter un texte aussi important que les droits du Parlement, on n'est pas à trois jours près. Si ces choses-là s'étaient passées sous François Mitterrand, qu'auraient fait les députés de droite ? Ils se seraient mis debout sur les pupitres pour protester. C'est aussi simple que ça.

lepoint.fr : Jusqu'à quitter l'hémicycle, crier au déni de démocratie, chanter La Marseillaise ?
J.-P. G : Il y a toujours un peu d'exagération dans les comportements. La seule chose qui reste à des députés qui n'ont plus de prise sur les événements, c'est effectivement de manifester. En plus, la majorité a fait cela le jour de l'investiture de Barack Obama, celui qui symbolise le rassemblement du peuple américain et l'unité de la nation américaine. Nous, au même moment, on prend des mesures qui divisent, alors que la situation du pays appelle à autre chose qu'à la suppression du droit d'amendement aux députés.

lepoint.fr : Le gouvernement a-t-il adopté la bonne méthode pour réformer le Parlement ?
J.-P. G : La méthode est mauvaise et le président de l'Assemblée nationale s'est comporté d'une façon indigne.

lepoint.fr : Vous considérez donc que Bernard Accoyer ne remplit pas son rôle de président de l'Assemblée nationale ?
J.-P. G : C'est le plus mauvais président depuis que la Ve république existe.

lepoint.fr : Concernant les voix contraires qui se sont élevées au sein de la majorité, trouvez-vous que le président du groupe UMP Jean-François Copé leur laisse assez d'espace d'expression ?
J.-P. G : Jean-François Copé, dans cette affaire-là, reçoit une commande du président de la République pour faire voter un texte. Il y répond comme le boulanger à une commande de deux cents baguettes.

lepoint.fr : Que préconisez-vous pour qu'il y ait plus de sérénité dans l'hémicycle ?
J.-P. G : Quand on gouverne une nation, il faut la rassembler. Or aujourd'hui on divise. Je pense qu'on pourrait discuter sereinement de textes aussi importants que celui-là.

source: www.lepoint.fr
Par Vincent-Marie
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Jeudi 24 juillet 2008 4 24 /07 /2008 19:43
Allons jusqu'au bout. L'éthique supposerait mieux encore. Ce serait de
remettre son mandat de député en question. Certes il n'existe pas de mandat
impératif en droit parlementaire mais lorsque l'on est seul à voter contre
les 299 autres parlementaires de sa famille politique , il faut aller
vérifier la légitimité de son choix auprès de ses électeurs. Il serait
intéressant de faire parler les électeurs de Lang. Les premiers humiliés ce
sont eux. Car eux c'est certain n'ont pas été consultés et aucun n' a reçu
un appel téléphonique de Nicolas Sarkozy.C'est assez misérable tout cela.

Jean-Pierre MIGNARD
Par Vincent-Marie
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Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /2008 20:33

Par Nicolas Cadène Agoravox

Cet article a été rédigé par un reporter d'AgoraVox, le journal média citoyen qui vous donne la parole.

La réforme des institutions est tout simplement un renforcement de la "monocratie" et contient des dispositions contraires aux principes fondamentaux de tout régime démocratique.

1- En plus du gouvernement, c'est la majorité qui aura la maîtrise de l'ordre du jour au Parlement : concrètement, l'opposition aura un jour pour trois semaines, à partager avec les centristes (NC et UC)... qui sont alliés à l'UMP.

2- Le pouvoir de nomination de l'exécutif (sur des postes très variés) ne sera pas contrôlable : ce qui est concédé au Parlement est un droit de veto impossible à mettre en œuvre (il faut une majorité des 3/5e des membres d'une commission parlementaire - impossible pour toute l'opposition réunie - pour refuser une nomination...).

3- Possibilité sera donnée au président de la République de s’exprimer devant le Parlement réunit en Congrès à Versailles, sans aucun débat, sans aucune opposition possible : c'est une façon d'organiser pour Nicolas Sarkozy devant sa majorité son auto-promotion, son plébiscite. Comme l'a rappelé Robert Badinter, "le président présentera un bilan flatteur de son action et fera acclamer par sa majorité son programme de gouvernement".

4- Il y aura une minorité de magistrats au Conseil supérieur de la magistrature et une majorité de personnalités extérieures, nommés directement par le pouvoir : l'indépendance de la justice est morte, ce qui est contraire à tout régime démocratique. Cette seule disposition devrait rendre cette réforme impossible, puisque s'opposant à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 (article 16 : "Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution").

5- Le Conseil constitutionnel (dont tous les membres sont à droite sauf un) va être l’instance suprême, avec le même mode de nomination qui va demeurer : le contrôle de la droite sera total.

6- Le mode de scrutin du Sénat ne sera pas modifié et une majorité à droite dans la "haute assemblée" sera donc toujours garantie, alors même que l'ensemble des collectivités territoriales (qu'elle est censée représenter) est majoritairement à gauche.

 

Jamais le pouvoir national n'a été autant concentré (Sénat, Assemblée nationale, Conseil constitutionnel, CSA, large majorité des autorités administratives "indépendantes", sont à droite - la gauche n'a jamais été majoritaire au Sénat, même sous F. Mitterrand), jamais une réforme institutionnelle n'a autant soutenu le pouvoir de la seule majorité au détriment de l'opposition.

 

Nicolas Cadène

Par Vincent-Marie
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Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /2008 20:31

PARIS - Le Premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a estimé que Jack Lang, seul député socialiste à avoir voté en faveur de la réforme des institutions lors du Congrès lundi à Versailles, avait une "responsabilité" dans ce résultat, mais il a refusé d'évoquer d'éventuelles sanctions qui pourraient le viser.


"Il est le seul de sa famille politique à avoir voté cette réforme et je pense qu'il aura effectivement une responsabilité, et que nous aurons à la faire valoir", a-t-il déclaré sur France-3.

"Jack Lang, nous le connaissons, nous l'avions déjà mis hors du groupe au moment où il s'était mis dans la commission Balladur (sur la réforme des institutions), il est au bout de sa logique", a ajouté le Premier secrétaire du PS.

Les députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles ont approuvé lundi la réforme de la Constitution par 539 voix contre 357, la majorité requise étant de 538 voix.

AP

Par Johan
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Vendredi 18 juillet 2008 5 18 /07 /2008 20:09

PARIS (AFP) - Les sénateurs PS, PCF et Verts ont continué à batailler vendredi contre le projet de loi sur la représentativité syndicale et le temps de travail, dont l'examen en première lecture ne devrait s'achever que mardi 22 juillet.

Le Sénat a terminé l'examen du premier volet du texte consacré à la réforme de la représentativité syndicale, volet relativement consensuel.

Il a notamment ajouté un dispositif dérogatoire pour les journalistes afin qu'un syndicat non affilié à un syndicat inter-professionnel comme le SNJ (Syndicat national des journalistes) soit représenté.

Les sénateurs ont par ailleurs supprimé une disposition sur le financement du dialogue social contestée par le Medef et la CGPME et qui visait à inscrire dans la loi la possibilité d'étendre "pour financer le dialogue social" une taxe existant pour les entreprises artisanales.

La Haute assemblée a commencé à discuter du volet temps de travail, ajouté unilatéralement par le gouvernement et très sévèrement critiqué par les syndicats.

La gauche a défendu des dizaines d'amendements, la plupart rejetés sur les articles 17 et 18 traitant des heures supplémentaires et des repos compensateurs.

"Vous allez frapper les plus démunis en faisant du repos compensateur un objet de négociation alors qu'il s'agit d'une question de santé publique", a dénoncé Jean-Pierre Godefroy (PS), tandis que Guy Fischer (PCF) a accusé le gouvernement de "faire fi de ce qui a été négocié pour imposer la déréglementation généralisée".

Jean Desessart (Verts) a déploré pour sa part "une régression sociale sans précédent".

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a accusé la gauche de "faire de la désinformation". "Comment profiter des jours de RTT quand on a pas les moyens de faire des heures supplémentaires, il y en a qui ont les moyens de profiter des RTT et d'autres non, ceux là vous ne les avez jamais pris en compte", a-t-il lancé.

Le rapporteur Alain Gournac (UMP) a cependant tenu à préciser dans un amendement qui a été adopté que le nombre de jours travaillés devait être compatible avec les dispositions du code du travail "relatives au repos quotidien, au repos hebdomadaire et aux jours fériés chômés dans l'entreprise et relatives aux congés payés".

Le projet de loi, inscrit en urgence (une lecture par assemblée) a été déjà adopté en première lecture par l'Assemblée nationale.

Par Vincent-Marie
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Mardi 24 juin 2008 2 24 /06 /2008 21:26

La chance que les socialistes votent la réforme des institutions "s'éloigne tous les jours davantage", a averti lundi le président du groupe PS à l'Assemblée Jean-Marc Ayrault.

"Je dis à Monsieur Fillon, qui nous fait la morale: 'la chance de réussir une réforme partagée s'éloigne tous les jours davantage'", a-t-il déclaré lors de l'assemblée générale des parlementaires socialistes au Grand Rex à Paris.

"Sans geste fort sur nos propositions -pour l'instant il n'y en a eu aucun- vous prendrez seuls, Monsieur le président de la République, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs du gouvernement, vous prendrez seuls la responsabilité d'un échec".

"Même si nous restons toujours disponibles à ce qui peut être utile au pays, vous voyez bien que le temps presse. Chaque jour qui passe nous décourage et les Français avec nous".

Le gouvernement a besoin des voix socialistes, ou au minimum de leur abstention, pour réunir la majorité des trois-cinquièmes requise pour l'adoption de la réforme des institutions, actuellement examinée en première lecture par les sénateurs.

"Nous avons commencé à enrichir le texte gouvernemental, mais comme à l'Assemblée nationale, la majorité au Sénat nous claque la porte au nez en rejetant toutes nos propositions et tous nos amendements", s'est plaint M. Ayrault.

Source : AP

Par Johan
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Samedi 21 juin 2008 6 21 /06 /2008 12:00

PARIS (AFP) — Les sénateurs ont refusé vendredi de modifier le droit de grâce comme le souhaitait Nicolas Sarkozy, lors de l'examen de la réforme des institutions, poursuivant leur entreprise de déconstruction du texte au risque de compromettre son avenir.

Tous partis confondus, ils ont, contre toute attente, adopté un amendement présenté par les radicaux de gauche, supprimant l'article 6 du projet de loi. Cet article, approuvé par les députés, mettait fin aux traditionnelles remises de peine collectives du 14 juillet et n'accordait au président de la République qu'un "droit de grâce à titre individuel". Les sénateurs ont rétabli tel quel le dispositif actuel (article 17 de la Constitution).

"Je n'aime pas que l'on touche aux compétences du président telles qu'elles sont définies dans la Constitution du général de Gaulle", a lancé Christian Cointat (UMP).

"Le président paraît vouloir, pour convenance personnelle, ne conserver que le droit de grâce individuelle, mais la grâce collective est utile", a souligné Nicolas Alfonsi (PRG).

Premier président à ne pas appliquer cette grâce collective l'an dernier, M. Sarkozy s'est dit à plusieurs reprises hostile à cette prérogative. Dès 2006, alors ministre de l'Intérieur, il avait déclaré que s'il était élu, "l'une des premières choses" qu'il ferait "serait de supprimer le droit de grâce et d'amnistie".

"La grâce collective ne doit pas servir à réguler le taux d'occupation des prisons", a plaidé en vain Rachida Dati (Justice). Son cabinet relativisait cependant ce vote, jugeant que l'article serait rétabli par les députés en deuxième lecture.

Au quatrième jour des débats, les sénateurs ont poursuivi leur opération de déconstruction du texte, rendant encore plus délicats les futurs arbitrages en vue d'un accord entre les deux chambres. Ils ont déjà fortement irrité les députés en refusant de reconnaître les langues régionales dans la Constitution.

La majorité, loin d'être homogène, était parfois peu présente, forçant le gouvernement et le président du groupe à multiplier des scrutins publics qui garantissent quasi-automatiquement une majorité.

Plusieurs sénateurs UMP ont protesté contre la fixation du nombre des députés dans la Constitution (577). "Pourquoi on sacraliserait un chiffre de 577, qui ne correspond à rien de sérieux?", a tonné Charles Pasqua.

Cette situation a amené Roger Karoutchi (Parlement) à morigéner publiquement des responsables UMP lors de la pause-déjeuner pour remobiliser le groupe.

"Si on détricote le texte d'un bout à l'autre, on va avoir des problèmes pour progresser", s'est exclamé en séance le président de la commission des Lois Jean-Jacques Hyest (UMP).

La majorité n'a en revanche rien lâché à l'opposition en approuvant une disposition clé, l'autorisation pour le président de s'exprimer devant le Parlement réuni en Congrès et contre laquelle la gauche a en vain bataillé.

Elle a opposé une fin de non-recevoir aux demandes du PS de modification du mode d'élection des sénateurs et voté un amendement fixant le nombre de sénateurs dans la Constitution (348).

"Nous n'avons pas fait la révision de la Constitution pour changer le mode de scrutin des deux assemblées", a argué M. Karoutchi.

"Continuez les débats en claquant toutes les portes !", a protesté David Assouline (PS). "Nous n'avons rien sur le temps de parole du président, sur sa présence devant le Parlement, sur le scrutin sénatorial", a renchéri le chef de file des sénateurs PS, Jean-Pierre Bel.

Par Johan
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Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /2008 23:36

Les sénateurs socialistes, communistes et verts ont annoncé, mercredi 11 juin, avoir claqué la porte de la commission des Lois, qui examine la réforme des institutions, pour protester contre un amendement UMP sur le scrutin sénatorial qui empêcherait selon eux toute alternance au Sénat.

"La majorité sénatoriale a proposé un amendement qui inscrit dans la Constitution les dispositions qui rendraient l'alternance impossible au Sénat, en perpétuant son mode de scrutin actuel", déclarent dans un communiqué commun les groupes PS/Verts et PCF.

"Un siècle après les sénateurs inamovibles de la IIIème République, l'UMP invente, en 2008, la majorité sénatoriale inamovible".

Démocratisation

"Après le rejet sans discussion d'une proposition de loi sur la démocratisation de son mode de scrutin, cette position confirme une attitude de mépris général envers les positions de la minorité sénatoriale", ajoutent les sénateurs de gauche.

"La majorité sénatoriale prétend inscrire l'interdiction de l'alternance au Sénat", soulignent-ils.

La modification du mode d'élection des sénateurs est un préalable émis par le PS pour un vote positif de la réforme des institutions. Les parlementaires socialistes ont présenté à l'Assemblée nationale et au Sénat une proposition de loi en ce sens, qui a été rejetée par la majorité dans les deux chambres.

Après son adoption en première lecture par l'Assemblée nationale, le projet de loi de réforme des institutions est maintenant examiné par le Sénat, qui en débattra en séance plénière à partir du 17 juin.

Source : Nouvelobs.com

Par Johan
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Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /2008 11:28

L'Assemblée nationale a adopté mardi le projet de loi constitutionnelle, mettant fin au premier acte de la réforme des institutions, le PS et la majorité se donnant à nouveau rendez-vous pour chercher un compromis lors de l'examen du texte à partir du 17 juin au Sénat.

Le projet a été adopté par 315 voix (la majeure partie de l'UMP, Nouveau Centre) contre 231 (PS, PCF et Verts ainsi que quelques voix UMP) et 23 abstentions.

Après plusieurs semaines de tergiversations, chaque camp a finalement réussi à faire respecter la discipline de vote : seuls 13 députés ont voté contre à l'UMP, 5 autres s'abstenant.

Comme ils l'avaient annoncé, l'ensemble des députés PS ont voté contre, y compris les signataires de l'appel en faveur de la réforme, Jack Lang, qui avait été vice-président de la commission Balladur ayant préparé le projet, préférant ne pas prendre part au vote.

"Il y a des +non+ qui voudraient pouvoir dire oui, tel est aujourd'hui le sens du vote des députés PS, un non ouvert, un non en forme d'attente et peut-être même d'espoir", a indiqué leur chef de file, Jean-Marc Ayrault.

"Nous vous avons tendu la main. Vous ne l'avez pas saisie", a ajouté M. Ayrault selon lequel c'est "le président de la République qui a donné l'ordre à la majorité de ne rien concéder".

"Pour notre part tout est encore possible, notre vote n'est pas figé, ni définitif" a-t-il dit en lançant, sous forme d'invitation : "au Congrès nous espérons sincèrement pouvoir dire oui. Cela dépend de vous".

PCF et Verts ont voté contre et annoncé qu'ils en feraient autant lors des prochaines lectures. "Notre non ne sera ni un non d'attente ni un non d'espoir. C'est un non ferme et sans illusion", a lancé Noël Mamère en résumant la réforme à un "toilettage" et un "rafistolage".

Comme il y a deux semaine, au début du marathon législatif, c'est François Fillon qui est monté à la tribune pour défendre la réforme et appeler l'opposition à "l'esprit d'union".

Après "près d'une vingtaine" de modifications inspirées de l'opposition, "je (lui) dit que la cohérence voudrait que cet esprit d'union se manifeste jusqu'au bout".

Car "on ne peut pas, d'une main, enrichir le contenu d'un texte, et de l'autre main, voter contre sa mise en oeuvre", a-t-il plaidé en jugeant que ce n'était que le "début du chemin qui mène au Congrès".

Le porte-parole de l'UMP, Dominique Paillé a estimé cette "première étape encourageante" et encouragé le PS à adopter, au congrès, une "attitude constructive".

Pour le président UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer, ce "vote du premier tour permet d'espérer que la poursuite de travaux permettra (...) de dégager une majorité".

Mais les alliés NC de l'UMP se sont montrés plus divisés sur le vote : 17 ont voté pour mais 6 se sont abstenus.

"Sur ce texte, nous avons avons trouvé une ouverture bien plus large qu'à l'accoutumée", s'est réjoui Jean-Christophe Lagarde en considérant cependant qu'il "reste à convaincre sur certains points".

Mais le président du groupe, Jean-François Sauvadet, a fait état "d'insatisfactions réelles" et demandé à l'UMP de "respecter ses engagements" en prévenant que le +oui+ de mardi ne "préjugeait pas du vote final".

Un avertissement au gouvernement car pour faire voter la réforme - à la majorité des 3/5èmes des suffrages exprimés - le gouvernement a besoin de toutes les voix de sa majorité, et celles des alliés NC.

Béatrix Baconnier-Martin / AFP

Par Johan
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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /2008 14:47

Les députés socialistes ont décidé mardi, à l'unanimité moins deux abstentions, de voter contre le projet de loi sur la réforme des institutions en première lecture à l'Assemblée nationale, a-t-on appris dans l'entourage du patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault.

Ce vote interne a été obtenu lors d'une réunion du groupe socialiste à l'Assemblée. Tous les participants à cette réunion ont voté contre le texte, y compris des signataires de l'appel en faveur de la réforme, lancé la semaine dernière dans Le Monde par 17 députés PS (Manuel Valls, Didier Migaud...), a-t-on précisé. Seuls deux députés PS (Gaëtan Gorce et Martine Lignières-Cassou) se sont abstenus. Le vote solennel sur le texte devrait avoir lieu mardi prochain.

Selon des participants à la réunion du groupe, la plupart des orateurs ont reconnu quelques avancées sur le texte dans la discussion en cours à l'Assemblée nationale mais les ont jugées nettement insuffisantes. La semaine dernière, M. Ayrault avait préparé les esprits à un vote négatif en première lecture tout en soulignant qu'il ne "préjuge pas" de la position du PS pour la suite, au Sénat, puis au Congrès.

Une façon de faire pression sur le gouvernement et la majorité pour tenter d'obtenir une réponse favorable aux préalables qu'ils ont posés (mode de scrutin des sénateurs, décompte du temps de parole du président dans les médias audiovisuels...). Les élus PCF et Verts devraient eux aussi voter contre le texte à l'Assemblée nationale.

Les députés devaient achever mardi, avec une journée de retard, l'examen du projet de loi sur les institutions, le vote solennel devant probablement intervenir mercredi.

L'Assemblée a donné lundi son feu vert, après un débat houleux et malgré l'opposition de la gauche et d'une partie de l'UMP, à la venue du président de la République devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Toute la gauche a voté contre, de même que certains députés UMP.

Depuis 1875 -suite aux affrontements entre une Assemblée encore majoritairement monarchiste et le président Adolphe Thiers, républicain- les hémicycles des deux chambres sont interdits d'accès au président de la République qui ne peut que leur envoyer un message lu, sans débat.

Durant la campagne présidentielle, puis depuis son élection, le président Nicolas Sarkozy a "souhaité que le président puisse s'exprimer au moins une fois par an devant le Parlement pour expliquer son action et pour rendre compte de ses résultats". M. Sarkozy y voyait "un engagement fort, la mise en jeu d'une forme de responsabilité intellectuelle et +morale+".

Au nom de la séparation des pouvoirs, la gauche en a cependant fait l'un des ses chevaux de bataille. Mais la disposition passe mal aussi à droite, notamment chez les gaullistes, qui y voient un abaissement du Premier ministre. Face au tollé, alors que le texte initial prévoyait un droit d'expression devant le Parlement ou devant chacune des deux chambres, la commission des Lois a limité la venue du président au seul Congrès à Versailles, en ne prévoyant aucune périodicité.

Mais droite et gauche sont restées plutôt sceptiques, voire complètement opposées à ce "compromis versaillais".

"La restriction" à une venue du président "est obsolète", a jugé Rachida Dati (UMP).

Béatrix Baconnier-Martin

Par Johan
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