Jeudi 27 novembre 2008
4
27
/11
/2008
13:54
COMME après toutes les convulsions, il y a, au PS, les déçus, les dégoûtés, les blessés, les revanchards. On devrait dire qu’il y a, comme après
toute bataille, les gagnants et les perdants officiels qui ne sont peut-être pas ceux qu’on croit. Même si la nouvelle patronne a été plus conciliante dans les mots, l’un des lieutenants de sa
coalition Aubry, Claude Bartolone, a dit sans ambages qu’il ne souhaitait pas au sein du PS, "une espèce de cohabitation de deux lignes politique qui donne l'impression à la sortie que plus
personne ne dit rien". Cela a le mérite de la clarté.
Ségolène Royal a fait de même en assurant qu'elle "continue plus que jamais", annonçant "des actions, des réflexions" car "2012 c'est demain", allusion à la
prochaine présidentielle. Alors que Martine Aubry hérite d’un parti fourbu dont les blessures seront difficiles à cicatriser, Ségolène Royal a déjà présenté une sorte de contre-programme : "Nous
allons organiser des universités populaires, nous allons organiser dans des fédérations qui partagent notre idéal des adhésions à 20 euros, nous allons mettre en place une nouvelle forme de
militantisme".
Un contre-parti à l’intérieur du PS. "La transformation du Parti socialiste est en marche. La transformation, le changement, nous allons les faire là où nous sommes, là où nous sommes implantés
(….) Je vais avoir du temps par la force des choses. Vous me connaissez, je ne reste jamais les bras ballants!". Car même vaincue, Royal a peut-être gagné. Une moitié des militants souhaite
désormais en finir avec les vieilles pratiques. Et contrairement à ce qu’on a laissé entendre, Ségolène Royal n’est pas une marginale au PS. Elle est le produit de ce parti.
On peut même penser que son nouveau statut d’opposante en chef, plus que celui qu’elle convoitait, lui permette d’user de ses qualités politiques sans que ses défauts les annulent. Car il y a une
différence fondamentale entre les deux femmes : Royal est une conquérante alors qu’Aubry est une héritière. La Maire de Lille ne l’est devenue que grâce au soutien de Pierre Mauroy alors que
Ségolène Royal a certes été très aidée au départ par Mitterrand, mais n’a jamais manqué de cran en cherchant à prendre à deux reprises la mairie de Niort , puis en s’emparant du Poitou-Charentes en
pleine période Raffarin.
Ce qui explique qu’elle ait réussi à agréger autour d’elle toute une nouvelle génération soucieuse d’ouvrir portes et fenêtres alors que Martine Aubry dispose d’un pack (trop) bien garni
d’éléphants : Fabius, Jospin, Rocard, Mauroy, Jack Lang, Strauss-Kahn, Delanoë et même… André Laignel.
Jean-Marcel Bouguereau
(le jeudi 27 novembre)
Source: nouvelobs.com
Par Vincent-Marie
0
-
Recommander