PARIS (AFP) — Le gouvernement a décidé vendredi de réinscrire dès la semaine prochaine le projet de loi sur les OGM dans chacune des deux chambres, en vue de son adoption définitive, soucieux de faire oublier au plus vite le camouflet infligé cette semaine sur ce texte.
Le projet de loi sera débattu mardi à 16H15 à l'Assemblée nationale après la séance des questions au gouvernement, puis jeudi à 9H30 au Sénat, examen au terme duquel il sera considéré comme définitivement voté.
Députés et sénateurs examineront le texte élaboré en urgence mercredi par la commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs, majoritairement à droite), au lendemain du rejet du projet de loi via l'adoption surprise d'une motion de procédure communiste.
Un seul article reste en réalité en discussion entre les deux chambres et porte sur l'amendement Chassaigne (PCF) sur la protection des zones AOC, dont la majorité souhaite réduire la portée, comme elle l'a déjà décidé au Sénat.
L'objectif du gouvernement est clair: il entend tourner définitivement la page de ce dossier empoisonné.
Il est en effet confronté à une opinion publique majoritairement hostile aux OGM -67% des Français approuvent le rejet du texte à l'Assemblée, selon un sondage OpinionWay publié vendredi par Le Figaro-, à des associations anti-OGM de plus en plus combatives et à une majorité pour le moins rétive sur ce projet de loi.
C'est un "texte maudit" pour la droite, résumait mercredi le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault, en référence non seulement au couac de cette semaine mais aussi au vote ric-rac obtenu en première lecture et à la passe d'armes entre la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet et la majorité.
"Le gouvernement a choisi cette méthode expéditive pour en finir au plus vite, avec l'espoir que l'impact retombera vite en termes de questionnement de l'opinion mais aussi de la majorité", a déclaré à l'AFP le député communiste André Chassaigne.
Le groupe socialiste à l'Assemblée a une nouvelle fois dénoncé vendredi "un passage en force" du gouvernement.
"Il fallait recommencer à zéro sur ce texte contesté par l'opposition mais aussi par la majorité", insiste le groupe PS, qui a une nouvelle fois demandé -il n'avait pas obtenu de réponse du gouvernement vendredi- un vote solennel sur le texte, pour placer chaque député devant ses responsabilités.
Si le gouvernement peut espérer en avoir fini dès jeudi, reste que la date choisie n'est pas forcément des plus heureuses: la dernière lecture du texte OGM à l'Assemblée interviendra quelques heures seulement avant le début de l'examen de la réforme des institutions, qui nécessite in fine un compromis droite-gauche pour être adoptée.
Ségolene Royal sera l'invitée de Jean-Michel Apathie, le 19/05/2008 à 7h50 sur RTL
Ségolène Royal a
confirmé samedi soir son intention de briguer le poste de premier secrétaire du Parti socialiste lors du congrès de Reims en novembre, mais a exclu toute "guerre des chefs" avec le maire de Paris
Bertrand Delanoë, qui pourrait se déclarer la semaine prochaine.
"La guerre des chefs, les militants n'en veulent pas et il n'y en aura pas", a-t-elle assuré au cours du journal télévisé de France 2. "En tout cas, vous n'entendrez jamais dans ma bouche une quelconque parole désobligeante", a souligné l'ex-candidate à l'élection présidentielle, jurant ne pas avoir "d'ennemis dans le Parti socialiste".
Après le tir de barrage de ses opposants qui a suivi l'officialisation de sa candidature, elle a reconnu susciter l'hostilité d'autres responsables socialistes.
"C'est vrai que j'ai vu dans le texte que Bertrand Delanoë a signé avec Lionel Jospin une certaine critique de la démocratie participative. Je le prends comme un élement du débat d'idées", a-t-elle déclaré. "Moi, je défends au contraire cette idée que pour bien diriger, bien décider, bien gouverner (...) il faut d'abord avoir écouté les citoyens et en l'occurrence, dans cadre du congrès, écouter les militants."
Irritée par le flot des critiques venant de son propre camp, Ségolène Royal a brandi la menace de sanctions. "Si un jour je suis à la tête du Parti socialiste (...) les responsables socialistes ne pourrons plus s'exprimer de façon désobligeante ou violente à l'égard d'autres socialistes", a-t-elle promis. "Il y aura des règles qui seront appliqués, il y aura des droits et des devoirs, et il y aura des sanctions parce que je pense que nous avons une responsabilité commune, nous socialistes, de construire un parti fort, uni, où l'on se respecte."
Quant à savoir si le premier secrétaire doit nécessairement être le candidat du PS à la prochaine présidentielle, la présidente de la région Poitou-Charentes s'y déclare favorable.
"Je crois que ce qui s'est passé lors de la précédente élection présidentielle a prouvé qu'il fallait une harmonie entre le principal parti et le candidat ou la candidate à l'élection présidentielle", a-t-elle souligné. A ses yeux, toutefois, "cette harmonie est indispensable mais elle n'est pas forcément un automatisme". Pour Mme Royal, "tout se mérite". AP le 17/05/2008
Pierre Moscovici, candidat déclaré à la direction du PS avec Julien Dray: le parti n'a "pas intérêt à une confrontation entre ceux qu'on appelle les 'présidentiables' - entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë".
"Ce n'est pas de ça dont le Parti socialiste a besoin. Il ne doit pas désigner son candidat à la présidentielle ou le pré-désigner dès 2008".
Son idée de secrétaire de transition ne passe pas chez les militants et sympathisants. Il annonce la fin du monde pour faire peur à tout le monde. Quand à Julien Dray je n'ai pas de commentaires à faire...
Claude Bartolone, lieutenant de Laurent Fabius, craint que le PS ne s'enfonce "dans une situation très grave".
"On voit bien qu'elle (Royal) a fait cette annonce parce que Delanoë doit sortir un bouquin. Si l'on doit vivre des semaines sur cette espèce d'affrontement entre l'un et l'autre, nous sommes dans une situation très grave".
Il est lui meme candidat au poste de premier secrétaire et il n'a pas encore avancé la moindre idée sur le fond...
Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn.
"J'ai vraiment l'impression qu'on est en train de transformer le PS en une pétaudière (...), en une espèce de gigantesque querelle des égos", jugeant "insupportable" cette "course entre présidentiables".
"Le problème n'est pas seulement d'avoir un leader, mais d'avoir une orientation". "On ne respecte ni les règles, ni le calendrier, ni les militants", a-t-il regretté, rappelant que le dépôt des contributions doit intervenir au plus tard le 1er juillet, celui des motions le 13 septembre.
Question égo j'aimerai qu'on m'explique comment on fait pour être un politique ambitieux si on a pas un peu d'estime de soi. Par ailleurs sur la question de calendrier je ne vois pas en quoi le calendrier n'est pas respecté. Ségolène a bien le droit de travailler avec les militants sur le fond et annoncer ses intentions. Après le dépot officiel c'est autre chose. Je trouve par ailleurs un peu fort le fait de dire qu'elle ne repecte pas les militants, quand on sait que la démarche participative qu'elle défend a permis au PS de prendre un nouveau virage en 2006.La réponse de Ségolène tirée de son intervention hier soir:
"Si les militants en décident ainsi et l'estiment utile pour le Parti socialiste, j'accepterai avec joie et détermination d'assumer cette belle mission de chef du parti", a dit Ségolène Royal devant quelque 500 personnes.
"Le vrai risque, ce n'est pas l'affrontement, c'est que, sous prétexte de l'éviter, rien ne change", a-t-elle répondu à ses détracteurs. "Il n'y a pas de risque d'affrontement, de guerre des chefs puisque les militants n'en veulent pas", a-t-elle assuré.
"Nous devons en faire le parti de toute la société française, engagé dans les luttes de son temps, responsable, moderne et capable de faire vivre nos valeurs de justice sociale".
Si nos dirigeants au PS arrêtent cette hypocrisie autour de la prétendue guerre civile annoncée au PS et proposent du fond, le congrès sera utile et serein.
Vincent-Marie BILOA
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